« Ce sont les hommes qui décident de faire la guerre, et ce sont les femmes qui en subissent les pires conséquences »

En mai, lors d’un récent voyage à Hiroshima, au Japon, accompagnant le président Luiz Inacio Lula da Silva, pendant sa participation au sommet du G7, j’ai pu visiter le musée du Mémorial de la paix. La vue des ruines laissées par l’explosion nucléaire, entourées des bâtiments de la ville reconstruite, s’impose à nous et oblige à réfléchir aux graves conséquences des guerres, et aux moyens possibles de les surmonter.

Lire l’entretien : Article réservé à nos abonnés « Le Tribunal international des crimes contre les femmes de 1976 laisse déjà apparaître l’aspect systémique des violences faites aux femmes »

Une telle réflexion nous conduit à un constat implacable : ce sont les hommes qui décident de faire la guerre, et ce sont les femmes qui en subissent les pires conséquences. Et pourtant, elles sont chargées de défendre la dignité de leurs familles et de leurs communautés lors des situations de conflit. Impossible donc, dans ces conditions, d’imaginer pouvoir surmonter les guerres et construire la paix sans la participation effective des femmes.

La défense de la paix partout n’est pas seulement un devoir moral, c’est aussi une obligation politique pour tous ceux qui s’engagent pour un monde d’équité et de justice. A chaque déclenchement de conflit armé, où qu’il soit, c’est la population déjà en situation de vulnérabilité qui souffre le plus. La guerre est un instrument de perpétuation des inégalités économiques, sociales, raciales et de genre.

Je souligne également le prix payé par les femmes, les filles et les enfants pendant les guerres et dans leurs conséquences. En réalité, nous savons que le rôle socialement construit des femmes place sur leurs épaules le poids et la charge de leurs familles et de leurs communautés, et qu’elles sont aussi concernées en premier lieu par la question de leur subsistance et de leur avenir.

Leaders au niveau local

Dans les régions où la violence fait partie du quotidien, les femmes et les filles ont la responsabilité de maintenir une forme de normalité et, en même temps, elles sont les plus exposées aux différents types de violences provoquées par la guerre, notamment celles, systématiques, exercées contre leurs corps. Beaucoup d’entre elles réussissent, au sein de leurs communautés, à donner un nouveau sens à la vie collective après les conflits. Elles jouent un rôle fédérateur, deviennent des leaders actifs dans la défense des droits humains et environnementaux.

Dans des contextes violents, le travail de ces femmes permet de garantir l’accès aux droits et aux services, inévitablement restreints dans les moments les plus tragiques. Elles tentent de surmonter et de prévenir les conflits avec le peu de moyens politiques qui sont les leurs.

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