les Marocaines aux portes de l’exploit

Après une entrée en matière ratée, le Maroc a remporté la première victoire de son histoire en phase finale de la Coupe du Monde féminin, qui se tient jusqu’au 20 août en Australie et en Nouvelle-Zélande. Le 30 juillet à Adelaïde, l’attaquante Ibtissam Jraidi, qui évolue à Al-Ahli (Arabie saoudite) a permis à sa sélection de battre la Corée du Sud (1-0) et de conserver toutes ses chances de qualification pour les 8e de finale. Il lui faudra pour cela s’imposer face à la Colombie jeudi 3 août. Une équipe qui domine le Groupe H avec 6 points et a créé la sensation en faisant chuter l’Allemagne (2-1), un des favoris de la compétition, lors de la seconde journée.

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Les Lionnes de l’Atlas, qui participent pour la première fois à la Coupe du Monde, avaient, elles, subi une lourde défaite (0-6) face aux Allemandes, à leur entrée en lice, le 24 juillet. « Elles ont eu du mal à gérer la pression et leurs émotions. Il ne faut pas oublier que le Maroc est la première sélection du monde arabe à participer à une Coupe du monde, rappelle Zayneb Amine Zouali, présidente du Tihad Athletic Sport, le plus ancien club féminin du Royaume. On a vu que ce 6-0, elles ne l’avaient pas accepté ».

Des progrès rapides

Les Lionnes de l’Atlas, dont l’effectif est composé de dix joueuses nées au Maroc et de treize binationales, se sont pourtant hissées parmi les meilleures formations africaines. Zayneb Amine Zouali a pu constater les rapides progrès des Marocaines ces dernières années : « L’arrivée du français Reynald Pedros, qui avait entraîné pendant plusieurs années l’équipe féminine de l’Olympique lyonnais, l’une des meilleures du monde, a été importante. Le président de la fédération, Fouzi Lekjaa, l’avait choisi pour qualifier la sélection pour le Mondial ».

« Il y a clairement une volonté politique que le football féminin se développe, ce qui n’était pas évident dans un pays il n’est pas toujours bien vu que des filles fassent du sport », ajoute l’ancien international marocain Abdeslam Ouaddou (2000-2009). Résultat : le championnat du Maroc est aujourd’hui un des rares, en Afrique, à bénéficier du statut professionnel. Une évolution qui a convaincu certaines joueuses de rester dans leur pays, comme la gardienne Khadija Er-Rmichi ou l’emblématique capitaine Ghizlane Chebbake, toutes deux sous contrat à l’AS FAR Rabat, le club le plus titré du Royaume. Parallèlement, de plus en plus de jeunes filles se sont inscrites dans les clubs amateurs.

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Quant aux supporters, ils sont de plus en plus nombreux à suivre les rencontres de la sélection féminine, vice-championne d’Afrique en 2022 lors de la Coupe d’Afrique des nations organisée à domicile. Malgré le décalage horaire, le Mondial galvanise. « On sent à l’approche du match contre la Colombie une certaine effervescence, et que les gens seront fiers de leur sélection, même en cas d’élimination », confirme Nassim El Kerf, journaliste au Desk.

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