Nikola Karabatic, légende du handball, prendra sa retraite en 2024, après vingt-deux ans de carrière

« Cette saison sera ma dernière et je tenais à vous écrire. » Nikola Karabatic, 39 ans, va prendre sa retraite, et voici que se termine définitivement la période la plus prolifique que le handball français ait connue : celle des « Experts », dont le public avait fait des idoles. Triple champion olympique (2008, 2012 et 2020) et titré à quatre reprises aux Mondiaux (2009, 2011, 2015 et 2017), le joueur a tenu à exprimer sa reconnaissance à l’égard des supporteurs dans une lettre diffusée par son club, le Paris Saint-Germain, vendredi 25 août.

Aux côtés de Daniel Narcisse (311 sélections, 943 buts), Thierry Omeyer (358 sélections), Michaël Guigou (307 sélections, 1021 buts) ou encore Luc Abalo (289 sélections, 859 buts), Nikola Karabatic (347 sélections, 1 274 buts) a bâti un palmarès incomparable et fait de la France la nation phare du handball.

Désigné meilleur joueur du monde en 2007, 2014 et 2016 par la Fédération internationale de handball (IHF), l’aîné des frères Karabatic disputera sa « 22e et dernière année professionnelle, sous les couleurs du Paris Saint-Germain ». Cette neuvième saison avec le PSG est aussi l’ultime chance de porter le club de la capitale vers un premier sacre en Ligue des champions, l’objectif lors de son arrivée à Paris en 2015.

« La vie nous offre parfois de beaux cadeaux. Comme celui de terminer quelque chose là où tout a commencé, raconte-t-il dans la lettre. C’est sur le parquet de cette salle, il y a trente-deux ans, entraîné par papa, avec Luka [son frère, 35 ans, lui aussi joueur du Paris Saint-Germain et international français] toujours à mes côtés, et maman à me soutenir inconditionnellement, que ma passion pour le handball et la compétition est née. »

Les Jeux olympiques à « 200 % »

Sélectionné pour la première fois en équipe de France à l’âge de 18 ans, le natif de Nis, en Serbie (ex-Yougoslavie), aura l’occasion de décrocher un quatrième titre olympique avec les Bleus, à domicile. « Durant toutes ces années, j’ai donné mon cœur et mon âme à ce sport que j’aime tant et que je respecte plus que tout. J’ai engagé mon esprit et mon corps dans cette discipline si exigeante physiquement et mentalement », rappelle-t-il, ajoutant qu’il fera tout pour être à « 200 % » lors de la grande échéance des Jeux de Paris 2024.

Gagneur né, combattant, Nikola Karabatic a le sens des symboles et celui de l’attitude. Mais malgré sa volonté de fer et son application, le capitaine des Bleus a été victime de plusieurs blessures ces dernières années, rappelant que tout colosse qu’il est (1 mètre 96, 102 kilos), les plus de vingt ans de carrière ont éreinté son corps.

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En 2020, le demi-centre du PSG doit faire face à une grave blessure pour la première fois de sa carrière : une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit, qui l’éloigne des terrains pendant huit mois, et ponctuée par une thrombose avec embolie pulmonaire contractée lors de sa rééducation.

Champion de France en titre avec le Paris Saint-Germain – pour la huitième fois d’affilée depuis son arrivée dans la capitale –, Nikola Karabatic quittera la scène à l’issue des Jeux de 2024. « Aujourd’hui, j’entame cette ultime saison sur les parquets avec joie. Je vais pouvoir savourer une dernière fois les ambiances uniques des salles françaises et européennes, jouer et me battre aux côtés de mes coéquipiers pour conquérir encore des titres. » « Kara » espère remporter, à 40 ans, une quatrième médaille d’or lors de la grand-messe olympique et inscrire un peu plus son nom dans l’histoire du handball français.

Le Monde

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