Mejdi Schalck, le petit Français qui monte

A 19 ans, Mejdi Schalck incarne le présent et l’avenir de l’escalade française. Mais, pour ses premiers Championnats du monde (jusqu’au 12 août), qu’il aborde en tant que favori, à Berne, le grimpeur, vainqueur de deux étapes de Coupe du monde cette saison, à Hachioji (Japon) et Séoul, a été rattrapé par son âge. « J’étais vraiment très stressé, raconte-t-il. Il y a beaucoup d’enjeux, entre un titre de champion du monde et des places qualificatives pour les Jeux de Paris. »

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Lors de son entrée en lice, mardi 1er août, Mejdi Schalck s’est qualifié pour les demi-finales de l’épreuve de bloc, l’une des trois disciplines de l’escalade sportive avec la vitesse et la difficulté, qui consiste à aller le plus haut possible sur une voie pouvant aller jusqu’à 20 mètres. « Le bloc, où la surface à grimper ne dépasse pas 5 mètres, est plus ludique. C’est plus freestyle, ça correspond mieux à ma personnalité », explique le champion de France de cette discipline en 2023.

Pourtant, Schalck avait décroché une médaille d’argent en difficulté lors des Championnats du monde junior à Voronej, en Russie, en 2021. Explosif et polyvalent, le grimpeur d’1,72 m s’appuie sur une force pure innée et ses qualités de souplesse. Pour « conserver un bon niveau en difficulté, discipline qui demande une énorme résistance dans les doigts et les avant-bras », le Français s’inflige un gros volume d’entraînement, entre préparation physique et séances spécifiques de grimpe (24 heures hebdomadaires), et fait preuve d’une grande rigueur alimentaire pour « éviter de prendre du poids inutilement dans le bas du corps ».

Les Jeux 2024 en ligne de mire

Des sacrifices que le natif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) s’est imposé dès l’âge de 13 ans, lorsque sa mère, une médecin d’origine algérienne, a décidé de déménager à Chambéry pour que Mejdi, aîné d’une fratrie de trois, puisse bénéficier d’un entraînement encadré « dans le meilleur club de France ». Ses progrès sont fulgurants. Deux ans après son arrivée, il intègre l’équipe de France et termine 2ᵉ d’une étape de coupe d’Europe jeunes de difficulté.

Mejdi Schalck lors des Championnats d’Europe 2022, à Munich, en Allemagne, le 18 août 2022.

Pourtant, rien ne prédestinait Mejdi Schalck à un tel parcours. « Ma mère me voyait grimper aux arbres un peu partout, se remémore-t-il, amusé. A 8 ans, elle m’a inscrit dans le club d’escalade de ma ville, à Arkose Montreuil. Et ça m’a plu tout de suite. » Le parc Jean-Moulin-Les Guilands de Montreuil, où il s’est accroché à ses premières prises, n’est pas si loin du site d’escalade du Bourget, où se dérouleront les épreuves des Jeux olympiques de Paris : « C’est à moins de 10 kilomètres de chez moi ! »

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Pour la deuxième apparition de l’escalade aux JO (après Tokyo en 2021), l’épreuve de vitesse a été dissociée du combiné, qui regroupera le bloc et la difficulté. « Je suis bon dans les deux disciplines. Ce nouveau format me laisse plus de chances d’être champion olympique, mon rêve. » Aux côtés d’Oriane Bertone (18 ans), vainqueure de sa première étape de Coupe du monde en bloc à Prague, le 2 juin, Mejdi Schalck symbolise la nouvelle génération prometteuse de l’escalade française. « Il y a un vrai engouement pour l’escalade en France », souligne le jeune homme. Le nombre de licenciés au sein de la Fédération française de la montagne et escalade – plus de 115 000 en juillet 2023 – est en augmentation constante.

Mais, pour atteindre l’Olympe, Mejdi Schalck devra d’abord décrocher sa qualification pour les Jeux de Paris. En Suisse lors des Mondiaux, dix places seront attribuées aux grimpeurs les mieux classés (les trois premiers du combiné ainsi que les champion et vice-champion de vitesse, chez les femmes comme chez les hommes). En demi-finales, vendredi (à 10 heures), ils seront vingt à se disputer six places pour la finale (à 18 h 30). « Ça ne va pas être facile, entre les nouvelles têtes d’affiche, l’armada japonaise et la légende tchèque Adam Ondra, quatre fois champion du monde », détaille-t-il. Mais, Mejdi Schalck continue de s’accrocher à son « rêve de gosse ».

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